Ces livres prenaient soin de moi. Bien sûr ils me bousculaient, ils étaient crus dans leur exigence de vérité mais ils substituaient au silence, à l’angoisse et à l’isolement non pas le baume de la consolation mais la contemplation du vivant. Ni à genoux, ni à moitié mort, ni objet : debout, bel et bien en vie, sujet.

Another Misspent Portrait of Etienne de Silhouette, de Christian Capurro, Maison Collongue, Lourmarin, Luberon, Provence-Alpes-Côte d’Azur
(« Nos vies romancées », d’Arnaud Cathrine)
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Je ne suis pas innocente. J’ai toujours succombé à la beauté. J’écris pour dire ce ravissement-là.

Station Saint-Jean-Montclar, Provence-Alpes-Côte d’Azur
(« Poupée Bella », de Nina Bouraoui)

Il y a toutes ces empreintes, de lèvres, rouges, roses, bleues, comme des éclats de désirs, comme des débuts d’histoires, ou des fins, peut-être, comme des mots à peine nés et déjà oubliés, je me demande jusqu’où j’ai le droit de rêver.

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Tombe d’Oscar Wilde, Cimetière Père Lachaise
(V.)

 

J’entends s’élever dehors le vent qui m’appelle encore entre deux ou trois feuilles mortes, je m’éveille dans le froid de mes souvenirs d’autrefois, je murmure tout bas que tout va bien ne t’en fais pas.

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Cimetière du Père Lachaise, Paris 20ème
(« L’envie d’écrire », de Laurie Darmon)

Quand naît l’envie d’écrire, l’envie de tout te dire, je reste silencieuse, je me fais les mains creuses. Quand naît l’envie d’écrire, l’envie de tout me dire, je vaque dans la ville, je file et me défile.

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Sur le quai du métro, Paris 11ème
(« L’envie d’écrire », de Laurie Darmon)

Le désir c’est une histoire des chaînes, de déchaînement et d’enchaînements. Avec les mots, entre les mots et sans les mots.

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Exposition « Etre moderne : le MoMA à Paris », Fondation Louis Vuitton, Paris 16ème
(« Eloge du risque », de Anne Dufourmantelle)

 

Tu es l’entre-deux, la note suspendue, l’équilibre fragile. Tu es le vacillement qui contient la chute, tu es le fa dièse qui frôle le sol, un presque sol, tu es la défaillance retenue d’extrême justesse, tu es le bord de l’abîme. Tu es ce qui pourrait être et qui n’est pas, tu es un possible. Tu es cette note en mouvement obligé vers une autre, qui voudrait se confondre avec elle, et qui ne se confond pas. Tu es la note sensible.

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Sur les murs d’une cave, rue Saint-Maur, Paris 11ème
(« La note sensible », de Valentine Goby)